🍒 Hemingway - "Le vieil homme et la mer" (1952) 🍒

Le vieil homme et la mer est un roman publié en 1952, qui reçut le prix Pulitzer un an après sa publication (considéré comme l'un des prix les plus prestigieux au monde). 



Hemingway y raconte l'histoire d'un vieil homme, Santiago, qui a pêché toute sa vie dans le monde entier. Malgré cela, c'est un homme très pauvre, qui ne pêche plus qu'au large de son village cubain, près du Gulf Stream. Il vit seul, mais affectionne énormément un jeune garçon qui s'occupe de lui régulièrement et qui a pêché quatre-vingt quatre jours avec lui, sans attraper aucun poisson. Un jour, Santiago part seul dans sa barque pour aller pêcher. Soudain, un espadon gigantesque mord à sa ligne, et se met à nager sans s'arrêter, emportant avec lui la petite barque. Commence alors un combat de trois jours entre le vieil homme et le poisson, durant lesquels le vieil homme ne pourra dormir, devra manger des tranches de poisson crus et supporter l'extrême douleur de la ligne qui lui scie le dos et les mains, lutter contre l'épuisement. 

Je ne vais pas te dire la fin, mais l'explication de l'oeuvre que je vais donner suffira à te faire deviner comment se termine le roman, alors si tu ne veux pas du tout savoir, je te conseille de ne pas lire ce qui va suivre. 
Le vieil homme et la mer est en fait une sorte de parabole, c'est-à-dire un récit allégorique. Ce qui est raconté, c'est en fait la victoire dans la défaite, car ce qui importe, c'est le chemin parcouru, l'effort pour braver le destin. Ce qui compte, ce n'est pas la victoire finale, mais le combat de l'Homme, son espoir et son courage indestructible. Quand on arrive à la fin du roman, c'est très difficile d'accepter cette parabole, car on a le sentiment que le vieil homme a tout perdu, que sa souffrance a été vaine. Mais justement, il faudrait comprendre qu'aucune souffrance n'est vaine, qu'un échec se compose de petites victoires internes. Pour être honnête, je n'ai toujours pas réussi à accepter cette parabole, je suis encore toute chamboulée par l'histoire de Santiago, en colère contre le destin, avec un sentiment d'impuissance, de désespoir. Mais dans l'idéale, voilà la parabole qu'il faudrait comprendre!
"Mais l'homme ne doit jamais s'avouer vaincu, dit-il. Un homme, ça peut être détruit, mais pas vaincu".
Le vieil homme et la mer est un classique de la littérature américaine, et il est vraiment à lire. Je crois que c'est l'un des livres les plus sublimes qu'il m'ait été donné de lire. Les personnages sont attachant, que ce soit le jeune garçon ou le vieil homme, ou même le poisson. On fréquente des Hommes fondamentalement bons et généreux, et c'est un vrai plaisir. Quand on se retrouve seul en mer avec Santiago et le poisson, on a véritablement la sensation d'être seul au monde, perdu dans l'infini. Chaque nouveau défi que le destin envoie au vieux pêcheur est un défi pour nous-mêmes. J'aurais presque envie de dire qu'en tant que lecteur, nous sommes la barque qui porte Santiago et qui est tiré par l'espadon. 
J'ai aimé la relation qui naît enter le vieil homme et le poisson: ils sont ennemis dans les faits, car l'un ou l'autre doit mourir; mais en même temps, il y a comme de l'amour, un profond sentiment de respect et d'amitié. Cette relation ajoute de la douceur dans les épreuves que le poisson impose à Santiago, elles paraissent plus surmontables, et sans doute le pêcheur puise-t-il sa force dans cette relation.
"J'aurais pas dû aller si loin, poisson, dit-il. Ni pour toi, ni pour moi. Pardon, poisson."
C'est sans doute à cause de la relation qu'Hemingway fait naître entre le lecteur et les personnages que la fin m'a tellement dévastée. Et pourtant, c'est justement cette fin qui accentue le sublime de l'histoire; sans doute la beauté du personnage principal, son courage, sa force, n'auraient pas eu autant d'éclat sans cette fin qui se solde par la défaite complète de Santiago. Après tout, c'est peut-être vrai: on n'acquiert jamais autant de prestige et de force que dans l'échec...



Un court-métrage de vingt minutes a été réalisé à partir de ce roman par Alexandre Petrov en 1999. Les dessins sont assez beaux, et l'âme du roman s'y retrouve plutôt bien pour une adaptation aussi courte. J'ai même préféré ce court-métrage au film de John Sturges qui, pour les besoins du film je suppose, a trahi l'univers du livre au profit d'un autre. Car on perd évidemment ce silence et le sentiment de solitude au cœur de la mer qui apparaît dans le roman. 

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